Le stress, grand ennemi de nos vies intimes

La libido est fragilisée par des événements perçus et vécus comme agressifs. Que faire ?

Il y a la guerre en Ukraine, la terrible détresse humaine et la menace nucléaire qui peuvent angoisser. Et puis les deux années de pandémie, sans compter les longues journées en télétravail passées à bosser tout en s’occupant du ménage et des enfants, les tensions professionnelles qui peuvent se produire avec les supérieur.e.s ou les collègues, les déplacements qui coûtent de plus en plus cher comme le chauffage, les embouteillages, les éventuelles disputes amoureuses, les possibles tensions familiales, les problèmes de santé… Les facteurs de stress sont nombreux, trop nombreux dans nos vies occidentales, avec à la clef, des sentiments d’anxiété, d’impuissance et d’épuisement.

Nul ne s’étonnera que ce satané stress fragilise nos vies intimes. Qui a envie de se rapprocher de celui ou celle qu’iel aime quand iel se sent submergé.e par les événements ? Qui peut atteindre l’orgasme quand iel se sent anxieux.se et épuisé.e ? On sait pourtant que faire l’amour réduit le stress comme la dépression mais rares sont ceux et celles qui parviennent à dépasser cet état de tension pour vivre les plaisirs des corps. Généralement le stress nuit à la sexualité et en particulier à celle des femmes. Les études scientifiques le confirment. On citera celle publiée en 2018 dans Archives of Sexual Behavior : « Average Associations Between Sexual Desire, Testosterone, and Stress in Women and Men Over Time ». Menée par Jessica Raisanen, Sara Chadwick, Nicholas Michalak et Sari van Anders auprès de 78 femmes et 79 hommes, elle avait pour objectif de savoir comment le stress impacte les désirs solitaires et partagés avec son ou sa partenaire. Pendant 9 mois, les participant.e. s ont dû remplir des questionnaires et donner des échantillons de salive pour évaluer la testostérone et le cortisol, la fameuse hormone du stress. Et il a été observé des différences très genrées. Chez les femmes, le stress impacte négativement aussi bien le désir solitaire que l’envie d’avoir une relation avec le.a partenaire. Chez les hommes, le stress diminue quelque peu le désir solitaire mais augmente le désir pour l’autre. On ne discutera pas ici des raisons de ces différences de genre mais il semble bien que les femmes aient du mal à vivre en même temps le stress et la sexualité.

Des femmes plus sensibles au stress

Une autre étude publiée en 2014 dans The Journal of Sexual Médicine le confirme : « Chronic stress and sexual function in women ». Menée cette fois par Lisa Dawn Hamilton and Cindy Meston auprès d’une trentaine de femmes dont la moitié souffrait de stress important, elle consistait à mesurer le pouls vaginal, l’excitation psychologique, la fréquence cardiaque, le cortisol salivaire, la DHEAS salivaire quand elles regardaient des films érotiques. Les résultats sont sans appel : les femmes ayant des niveaux élevés de stress ont des niveaux plus faibles d’excitation génitale. Elles se montrent plus distraites pendant le film érotique que les femmes du groupe de stress moyen.

L’étude confirme ce que chacun.e pressent. Mais on ne désespère pas pour autant de sa vie intime car le stress peut se combattre par divers moyens qui vont du sport à la cohérence cardiaque en passant par la gestion des émotions, le yoga, l’hypnose, un bon sommeil, l’EFT l’Emotional Freedom Technique ou la pleine conscience pour ne citer que ces approches. On s’arrêtera ici plus longuement sur la pleine conscience tant l’approche est positive. À la fin des années septante, l’américain John Kabat Zinn montre combien la « mindfullness », soit le fait de porter son attention intentionnellement au moment présent, sans se juger, peut nous aider à dépasser nos problèmes de stress et d’anxiété. Dans sa Clinique de réduction du stress de l’hôpital universitaire du Massachusetts, le professeur de médecine met au point le programme MBSR Mindfulness-Based Stress Reduction. Étalé sur 8 semaines à raison de 45 minutes par jour, il intègre des exercices de respiration, d’étirement, de yoga, scan corporel – passer son corps en revue –, marche lente, attention à l’objet… et bien sûr d’échanges et discussions. Ce programme est si positif et efficace qu’il est aujourd’hui soutenu par l’OMS et pratiqué dans de très nombreux centres de santé et de bien-être.

Et pour les relations amoureuses aussi, la pleine conscience fait ses preuves. Bien des études universitaires montrent que dans les rencontres sexuelles, comme dans les liens relationnels d’ailleurs, cette double exigence de « présence à l’instant » et de « non jugement » est bénéfique. Elle permet de rester centré.e sur le présent et les sensations sans que les pensées ne prennent le dessus. Envahi.e par des préoccupations parasites, chacun.e risque de devenir spectateur.rice de la relation quand ielle ne se focalise pas sur ses performances sexuelles ou ses défauts physiques. Or en réduisant la distraction cognitive, la pleine conscience permet de surmonter bien des difficultés sexuelles, tout comme elle favorise le désir sexuel, améliore les sentiments d’acceptation et d’excitation sexuelle et porte l’orgasme. Rien de moins ! On combat donc le stress grâce à la pleine conscience pour retrouver les plaisirs des rencontres sensuelles et sexuelles.

https://soirmag.lesoir.be/430132/article/2022-03-15/le-stress-grand-ennemi-de-nos-vies-intimes

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