Comment rendre la pénétration plus agréable?

Quelles sont les techniques que les femmes utilisent pour que le coït soit plus jouissif?

Faire l’amour est souvent associé à la pénétration vaginale. A tort ! Avoir une relation sexuelle, c’est bien davantage! C’est rencontrer l’autre; c’est communiquer avec son partenaire avec tout son corps, son pénis et son vagin mais aussi ses lèvres, sa langue, sa nuque, son cou, ses seins, ses yeux, son clitoris, ses testicules, mains, cuisses, oreilles…. Avoir une relation intime, c’est se pénétrer mais aussi se regarder, se toucher, se caresser, se sentir, se lécher, se mordiller, s’entendre gémir, se surprendre et davantage. 

Les grands responsables de cette réduction de l’amour physique au coït ne sont autres que le patriarcat et la domination masculine; la pénétration servant bien davantage le plaisir masculin que féminin. La religion a surenchéri en diabolisant les joies de la chair qui éloignent les humains du sacré et en défendant une sexualité uniquement à but reproductif. 

Cependant, si l’acte sexuel se réduit à la seule pénétration, seulement 18,4% des femmes parviennent à l’orgasme, comme l’a montré la chercheuse Debby Herbenick et ses associés (1). On se console quelque peu de ce triste pourcentage car toujours selon la spécialiste du Centre de Promotion de la Santé Sexuelle de l’Université de l’Indiana, ce chiffre double quand la femme caresse son clitoris pendant la pénétration. 

Et ce ne sont pas les milliers de femmes – 3.017 exactement – interrogées récemment sur les techniques qu’elles utilisent pour rendre la pénétration plus agréable (2) qui contrediront ce constat d’un plaisir coïtal amplifié par les caresses clitoridiennes externes. Pas moins de 69,7 % des femmes questionnées par l’étude universitaire ont dit se caresser le clito ou se le faire caresser pendant la pénétration pour booster leurs sensations. Elles le font avec les doigts ou avec un sextoy. Une technique que les auteur.e.s de l’étude ont appelé le “Pairing”. 

“Pairing”, “Rocking”, “Shallowing” et “Angling” 

Mais là n’est pas le seul moyen que les femmes utilisent pour rendre le coït plus jouissif. Elles sont plus nombreuses encore – 76% – à privilégier les positions où leur clitoris est constamment en contact avec le corps de leur partenaire; le pénis restant bien à l’intérieur du vagin sans que le bassin fasse d’amples mouvements de va-et-vient qui le font sortir et rentrer du sexe féminin. Une technique qui a reçu le nom de “Rocking”.  

Autre technique, plus fréquente encore puisque 84% des femmes y ont recours:  le “Shallowing”. Il s’agit de vivre une pénétration peu profonde qui stimule la partie avant du vagin. Le plaisir est grand car le gland gonflé du pénis exerce une pression sur l’entrée du vagin et stimule par l’intérieur les structures internes du clitoris ainsi que le nerf pudendal et les nerfs caverneux qui s’occupent de la sensibilité des organes génitaux et de la fonction musculaire du plancher pelvien. Les femmes participent à cette pénétration peu profonde en bougeant leur bassin pour rechercher les zones les plus sensibles et amplifier les sensations. 

Dernière et quatrième technique fréquemment utilisée par les femmes (87,5%) pour avoir plus de plaisirs: l’”Angling”. Il s’agit de bouger, descendre ou abaisser les hanches et le bassin pour que la pénétration soit la plus agréable. Chacune a ses zones plus sensibles. 

“Pairing”, “Rocking”, “Shallowing”, “Rocking” sont à combiner pour plus de plaisirs. Bien évidemment, toutes ces techniques exigent que les femmes connaissent leur corps et sachent ce qu’elles sachent ce qui leur plaît. On ne répétera jamais assez aux femmes que c’est à elles de prendre leur orgasme et qu’elles ne doivent pas attendre que les hommes le leur donnent. Elles doivent savoir ce qu’elles aiment et comment avoir plus de plaisirs pour atteindre l’orgasme. Elles doivent aussi être actives durant les rapports sexuels. Le désir comme l’excitation et la jouissance sont en lien direct avec leur agentivité, un terme quelque peu barbare qui vient de l’anglais ”agency” et qui est très développé dans les études de genre. Dans l’intimité, développer son agentivité permet d’ être actrice de sa sexualité,  d’amplifier sa puissance d’agir sur sa relation sexuelle et émotionnelle et de s’affirmer comme femme. Rien de moins !

  1. Women’s Experiences With Genital Touching, Sexual Pleasure, and Orgasm: Results From a U.S. Probability Sample of Women Ages  to 18 to 94. Article de Herbenick, D., Tsung-Chieh, J., Arterb, J.,  Sanders, S. & Dodge, B. (2018). Publié dans Journal of Sex & Marital therapy, en 2018

    (2) Women’s techniques for making vaginal penetration more pleasurable: Results from a nationally representative study of adult women in the United States. Article de Devon J. Hensel, Christiana D. von Hippel, Charles C. Lapage, Robert H. Perkins. (2021). Publication en avril 2021 dans la revue Plos

ARTICLE PARU SUR LE SITE FIFTY&ME

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